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L’utilisation d’un langage informel affecte-t-elle la crédibilité de votre commentaire ?

L’utilisation d’un langage informel affecte-t-elle la crédibilité de votre commentaire ?

Vous prévoyez une escapade de quelques jours dans une capitale ou un dîner dans le meilleur restaurant de la ville …vous avez envie de vous faire plaisir sans devoir passer des heures à vous décider.  Comment vous y prenez-vous ? Sans doute en jetant un coup d’œil aux commentaires laissés par les clients sur les hôtels et restaurants qui vous intéressent, et en consultant bien sûr les informations directement fournies par les établissements.

Mais vous êtes-vous déjà demandé quels critères déterminaient la crédibilité que vous attachez à ces commentaires et surtout prenez-vous ces critères en compte lorsque vous-même rédigez des avis ? Vous voulez être pris au sérieux par les établissements et leurs futurs clients, mais comment être sûr que ce sera le cas ?

Des études ont déjà montré que le statut d’expert sur les différentes plateformes ou la présence de photos, avaient un impact significatif. On sait également que les commentaires négatifs sont considérés comme étant moins crédibles que les positifs. Mais un autre critère est également à prendre en compte : c’est la façon dont le message est rédigé.

3 aspects du langage ont été étudiés par l’Université de Gand :

  • L’impact des fautes de langage (par exemple conjugaisons et orthographe)
  • L’impact de l’utilisation de mots ou expressions informels (chanmé, mater…)
  • Et l’impact du “flooding” (« la nourriture était trèèèèès mauvaise »).

Les raisons du choix de ces critères sont le fait de leur utilisation fréquente sur Internet, et l’indulgence dont on fait preuve de nos jours. La question est toutefois de savoir si le même degré de tolérance peut être accepté dans un environnement où la personne même qui rédige exprime une attitude critique envers d’autres prestataires de services.

Les expériences ont été réalisées en se basant sur un avis négatif réel d’un restaurant en néerlandais qui contenait des erreurs grammaticales, des expressions informelles et du flooding. Cette version a été comparée à une version standard, une version avec seulement des fautes de langages, une version avec seulement des expressions informelles et une version utilisant uniquement du flooding.

 

Le questionnaire utilisé visait à juger la perception de la crédibilité, de la confiance, du professionnalisme et de l’utilité du commentaire ainsi que la volonté de suivre le conseil donné.

L’une des principales conclusions est que l’utilisation d’un langage informel est difficilement cautionnée dans le cadre de commentaires, alors qu’il est pourtant largement répandu sur la toile.

De ce fait, l’utilisation de langage informel est aussi mal tolérée que les fautes de langage les plus aberrantes. Le public a visiblement du mal à accorder la moindre crédibilité aux commentaires mal rédigés et ne répondant pas aux standards de la langue.

Que dire du flooding ? «  La nourriture est vraiment trèèèèès mauvaise » serait plus convaincant que « La nourriture est vraiment très mauvaise » ? Pas vraiment. Les données montrent même une légère avance en termes de crédibilité pour la version formelle.

En combinant des fautes et/ou des expressions informelles avec du flooding les choses deviennent même pires et finissent par donner une perception trop émotionnelle et finalement moins objective.

 

Finalement dans le monde des commentaires en ligne, un langage formel est un gage de crédibilité. Même l’utilisation créative du flooding pour mettre l’accent sur une opinion semble absolument inutile, du moins dans le cadre de commentaires négatifs.

En résumé en cas de plainte, soyez concis, formel et changez de restaurant !

 

Cet article est basé sur l’études ‘The assessment of non-standard Dutch deviations in online reviews: errors, tussentaal and flooding. Empirical research on reader perceptions in a review-based context’ van 2018 (auteur: Halsberghe, G.), The impact of language and gender on the credibility of online reviews’ van 2018 (Depovere, S.). ‘Hoe « schoon » vinden taalgebruikers het Schoon Vlaams? Een perceptie- en attitudeonderzoek over tussentaal’ van 2009 (auteur: Heymans, G.),‘The impact of language and gender on the credibility of online reviews’ van 2018 (auteur: Loete, T.). ‘A direct discourse-based approach to the study of language attitudes: the case of tussentaal in Flanders’ van 2017 (auteur: Lybaert, C.) et ‘Normgevoeligheid: attitude van Vlaamse jongeren ten aanzien van het Standaardnederlands, de tussentaal en het dialect’ van 2012 (auteur: Vancompernolle, H.) et a été écrit par Mathias Seghers et Bernard De Clerck du département Traduction, Interprétation et Communication de l’Université de Gand.

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